Comment une pilule utilisée quotidiennement par des millions de personnes pourrait aider à prévenir la propagation du cancer

Et si un simple cachet d’aspirine pouvait aider à lutter contre le cancer ? Cela semble presque trop beau pour être vrai. Pourtant, des chercheurs ont mis au jour un mécanisme insoupçonné : l’aspirine pourrait limiter la propagation de certains cancers. Cette découverte, due au hasard, pourrait bien changer la donne dans la lutte contre cette maladie. Mais comment un médicament aussi courant peut-il avoir un tel effet ?
Un hasard scientifique qui change tout
Au départ, les chercheurs ne s’intéressaient pas à l’aspirine. Leur but était d’étudier les métastases, ces cellules cancéreuses qui se propagent dans l’organisme. En menant leurs recherches sur des souris, ils ont identifié un gène, ARHGEF1, qui joue un rôle clé dans l’activation des cellules immunitaires, notamment les cellules T, ces « soldats » du système immunitaire capables de reconnaître et détruire les cellules tumorales.
Mais un détail intriguant a attiré leur attention : une molécule spécifique, appelée thromboxane A2 (TXA2), produite par les plaquettes sanguines, semble neutraliser ces cellules T, les empêchant d’attaquer les tumeurs. C’est là que l’aspirine entre en jeu. Ce médicament est connu pour inhiber la production de TXA2. En d’autres termes, il empêche les cellules immunitaires de se « désactiver », leur permettant de continuer à attaquer les cellules cancéreuses avant qu’elles ne se propagent.
Une action ciblée au moment clé
Les chercheurs ont constaté que les cellules cancéreuses sont particulièrement vulnérables lorsqu’elles quittent la tumeur d’origine pour tenter d’envahir d’autres organes. À ce stade, elles ne bénéficient pas encore du « bouclier » protecteur qu’elles développent plus tard. C’est donc à ce moment précis que l’aspirine pourrait jouer un rôle crucial en empêchant leur propagation.
Des études antérieures avaient déjà suggéré que la prise d’aspirine à faible dose (entre 75 et 300 mg par jour) réduirait de 36 % le risque de métastases et de moitié la mortalité chez les patients dont le cancer est encore localisé. Mais jusqu’à présent, personne ne comprenait exactement pourquoi. Grâce à cette nouvelle étude, le mystère s’éclaircit !
Une efficacité variable selon les types de cancers
L’aspirine ne serait pas efficace contre tous les cancers. Elle semble particulièrement bénéfique pour les adénocarcinomes, un type de cancer fréquent qui inclut :
Le cancer colorectal
Le cancer gastrique
Certains cancers du sein et du poumon
En revanche, elle semble avoir un effet limité sur d’autres types de cancers qui ne font pas autant appel aux cellules T dans leur processus métastatique.
Attention, pas d’automédication !
Avant de courir acheter de l’aspirine, prudence ! Si ces résultats sont prometteurs, ils n’ont pour l’instant été observés que chez la souris. De plus, l’aspirine peut provoquer des effets secondaires graves, notamment des saignements, des ulcères ou encore un risque accru de certains AVC. Il est donc essentiel de ne pas en prendre sans avis médical.
Des essais cliniques sont en cours pour confirmer ces résultats chez l’humain et déterminer la dose optimale pour prévenir les métastases tout en minimisant les risques.
Vers une nouvelle approche du traitement du cancer ?
Cette découverte pourrait ouvrir la voie à des traitements plus ciblés. Plutôt que d’utiliser l’aspirine elle-même, les chercheurs espèrent développer des médicaments qui bloquent directement TXA2 ou ARHGEF1, afin d’empêcher la mise en veille des cellules immunitaires sans les effets indésirables de l’aspirine.
Si ces recherches aboutissent, elles pourraient révolutionner la manière dont on empêche les cancers de se propager. Une avancée qui, bien qu’encore en développement, laisse entrevoir un futur plus prometteur dans la lutte contre cette maladie.
À retenir :
L’aspirine pourrait empêcher la propagation de certains cancers en réactivant les défenses immunitaires.
Son action repose sur l’inhibition du thromboxane A2 (TXA2), une molécule produite par les plaquettes sanguines.
Elle serait efficace surtout contre les adénocarcinomes (côlon, estomac, certains cancers du sein et du poumon).
Attention aux effets secondaires : ne jamais en prendre sans l’avis d’un médecin.
Des essais cliniques sont en cours pour confirmer ces résultats chez l’humain.
Une simple pilule pourrait-elle un jour devenir un allié puissant contre le cancer ? L’avenir nous le dira !