Une mère de cinq enfants est expulsée vers un pays où elle n’est « jamais allée et dont elle ne parle pas la langue »

Imaginez-vous réveiller un jour dans un pays étranger, sans famille, sans amis, sans même parler la langue locale. C’est exactement ce que vit Ma Yang, une mère de famille de 37 ans, après avoir été expulsée des États-Unis vers le Laos. Un pays où elle n’a jamais vécu, où elle n’a aucun repère et où elle se retrouve livrée à elle-même. Comment en est-elle arrivée là ? Pourquoi une telle décision a-t-elle été prise ? Retour sur une situation qui bouleverse une famille entière.
Une vie aux États-Unis depuis l’enfance
Ma Yang a grandi aux États-Unis. Arrivée à l’âge de huit mois, elle a passé toute sa vie à Milwaukee, dans le Wisconsin. Elle y a construit sa famille, travaillé pour élever ses enfants et mené une existence semblable à celle de millions d’Américains. Mais tout a basculé lorsqu’elle a été impliquée dans une affaire de trafic de drogue.
Comme beaucoup d’autres personnes confrontées à la justice, Ma Yang a purgé sa peine : deux ans et demi de prison pour son implication dans un trafic d’argent lié à la drogue. Une faute qu’elle reconnaît aujourd’hui, mais qui, selon elle, ne justifie en aucun cas une expulsion aussi radicale.
Expulsée vers un pays inconnu
À sa sortie de prison, elle pensait pouvoir reprendre une vie normale avec ses enfants et son compagnon, mais les autorités américaines en ont décidé autrement. Son statut de résidente permanente lui a été retiré et elle a été expulsée vers le Laos, un pays totalement étranger pour elle.
Le choc est brutal. Elle ne parle pas la langue, ne connaît personne sur place et n’a aucune ressource. Pire encore, ses papiers lui ont été confisqués à son arrivée, la plongeant dans une incertitude totale.
« Comment puis-je vivre ici sans documents ? », s’interroge-t-elle, désemparée.
Une famille brisée
Ma Yang n’est pas seulement une femme expulsée : elle est aussi une mère de cinq enfants, âgés de six à vingt-deux ans. Leur quotidien est bouleversé. Son aînée et son compagnon, atteint d’un handicap l’empêchant de travailler, tentent tant bien que mal de faire face.
Les conséquences sont lourdes, tant sur le plan émotionnel que financier.
« Nous avons déjà du mal à joindre les deux bouts », explique son compagnon. « Maintenant, nous devons aussi gérer son absence, répondre aux questions des enfants et essayer de comprendre comment elle pourra revenir. »
Un système implacable
L’expulsion de Ma Yang s’inscrit dans une politique migratoire stricte visant à expulser les résidents non citoyens ayant commis des crimes. Mais cette décision soulève des questions : une peine de prison ne suffit-elle pas à purger une faute ? Pourquoi expulser une femme qui a grandi aux États-Unis et qui y a construit sa vie ?
Le Laos, qui refusait jusqu’ici d’accueillir les personnes expulsées des États-Unis, a finalement accepté son transfert. Ce changement de politique pourrait-il affecter d’autres personnes dans des situations similaires ?
Et maintenant ?
Aujourd’hui, Ma Yang tente de survivre dans un pays où elle n’a aucun repère. Elle manque de médicaments pour son diabète, ne dispose d’aucune ressource pour subvenir à ses besoins et ne sait pas comment entrer en contact avec ses proches.
« Je me sens abandonnée », confie-t-elle. « Comment peut-on me jeter dans un pays où je ne suis personne ? »
Son histoire met en lumière les conséquences humaines des politiques d’expulsion sévères. Pour ses enfants et son compagnon restés aux États-Unis, un seul espoir demeure : celui de la revoir un jour franchir la porte de leur maison. Mais pour l’instant, son avenir reste incertain.