Une femme de 35 ans décède quelques jours après avoir été diagnostiquée d’un cancer, après que deux signes cruciaux ont été ignorés

Recevoir un diagnostic de cancer est une épreuve en soi, mais imaginez apprendre que la maladie est déjà en phase terminale, sans possibilité de traitement curatif. C'est ce qu’a vécu Sian Ashcroft, une mère de famille de 35 ans, dont la vie a basculé brutalement. Deux signes avant-coureurs étaient pourtant présents, mais ils n’ont pas été interprétés à temps. Pourquoi ces symptômes passent-ils si souvent inaperçus ?
Diagnostic de cancer : 2 signes cruciaux manqués
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Une simple anémie : un premier indice sous-estimé
Tout a commencé par un fait anodin : lors d’un don du sang, Sian apprend qu’elle est anémique. Rien d’inquiétant en apparence, elle se voit prescrire du fer pour corriger cette carence. Pourtant, une anémie persistante peut être le signe d’un problème sous-jacent plus grave. Dans son cas, c’était un signal d’alerte : son foie souffrait en silence.
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Douleurs abdominales : un mal trompeur
Quelques mois plus tard, un second symptôme apparaît : des douleurs au ventre. Comme beaucoup, elle pense à une intoxication alimentaire ou un problème digestif passager. Mais ces douleurs persistent. Après plusieurs consultations, on lui diagnostique d’abord des calculs biliaires et un stent est posé sur son canal biliaire. Ce n’est que bien plus tard qu’un examen révèle une lésion sur son foie. Malheureusement, il est déjà trop tard.
Un diagnostic bien trop tardif
Ce n’est qu’en janvier 2024 que Sian reçoit la terrible nouvelle : elle souffre d’un cholangiocarcinome, un cancer des voies biliaires, à un stade avancé. Son pronostic est sans appel : il ne lui reste que quelques mois à vivre. Pourtant, 18 jours plus tard, elle s’éteint.
Sa famille, bouleversée, témoigne pour alerter sur cette maladie silencieuse. Sa mère, Sue Dowling, raconte : « Elle était de plus en plus malade, elle voyait régulièrement son médecin, passait du temps à l’hôpital, mais le diagnostic est arrivé trop tard. »
Pourquoi ce cancer est-il si difficile à détecter ?
Le cholangiocarcinome est un cancer rare mais agressif, qui se développe dans les canaux biliaires reliant le foie à l’intestin. Il est souvent diagnostiqué à un stade avancé, car ses symptômes sont trompeurs et peu spécifiques :
- Fatigue et anémie inexpliquées
- Douleurs abdominales diffuses pouvant être confondues avec des troubles digestifs bénins
- Jaunisse (coloration jaune des yeux et de la peau) dans les stades plus avancés
- Démangeaisons intenses sans cause apparente
- Perte d’appétit et amaigrissement progressif
Un test simple qui peut sauver des vies
Comme l’explique Helen Morement, directrice de l’association AMMF, beaucoup de patients ne correspondent pas au « profil type » du cancer du foie, ce qui retarde la prise en charge. Pourtant, un simple test hépatique (prise de sang pour mesurer les enzymes du foie) peut aider à détecter une anomalie.
Si un patient présente des symptômes persistants, même vagues, et qu’aucune amélioration n’est observée après un traitement classique, il est crucial de demander un bilan hépatique. C’est une étape simple qui peut permettre de poser un diagnostic plus tôt et d’améliorer les chances de survie.
Un appel à la vigilance
L’histoire de Sian nous rappelle une chose essentielle : écouter son corps et ne pas banaliser des symptômes persistants. Une anémie inexpliquée, des douleurs qui durent, une fatigue anormale… Chaque petit signal doit être pris au sérieux. Un dépistage précoce peut faire toute la différence.
Sian a été décrite par ses proches comme une femme « exceptionnellement courageuse », qui, jusqu’au bout, a gardé son sourire et pensé à sa famille. Aujourd’hui, son histoire doit servir à éveiller les consciences. Parce que chaque jour compte, il ne faut jamais hésiter à consulter.