Pourquoi les Oscars de 1972 sont toujours parmi les meilleurs de l’histoire

Publié le 12 mars 2025

Les Oscars d’aujourd’hui vous semblent prévisibles et sans éclat ? Remontons en 1972, une époque où Hollywood rayonnait d’un prestige unique, entre émotions intenses et films majeurs du septième art. Cette cérémonie fut le théâtre de moments mémorables, de surprises et d’un glamour d’une autre époque. Mais qu’avait-elle de si spécial ?

Une année de films cultes

L’année 1972 a sacré French Connection, un thriller haletant qui a redéfini le film policier par son réalisme brut et ses scènes d’action saisissantes. Gene Hackman, dans le rôle du détective Popeye Doyle, a remporté l’Oscar du meilleur acteur. Il fut tellement surpris qu’il ne se souvenait même plus de s’être levé pour récupérer son trophée !

Mais la compétition était rude. Orange mécanique de Stanley Kubrick, un film visionnaire et controversé, était en lice, tout comme La Dernière Séance, chef-d’œuvre nostalgique de Peter Bogdanovich, qui a valu à Cloris Leachman et Ben Johnson des Oscars bien mérités.

Sans oublier Un violon sur le toit, qui a remis à l’honneur la comédie musicale avec son ambiance poignante et sa bande-son inoubliable.

Le retour du glamour hollywoodien

Après les années 60, marquées par un style plus bohème, les Oscars de 1972 ont renoué avec l’élégance intemporelle d’Hollywood. Finis les bandeaux hippies, place aux robes somptueuses en mousseline et aux brocarts scintillants. Les stars resplendissaient sous les projecteurs, parées de diamants et de fourrures.

Même Jane Fonda, qui osait le tailleur-pantalon, a marqué les esprits, tout comme la sublime Raquel Welch, incarnation du glamour et de la féminité hollywoodienne.

Une soirée sous haute tension

Les Oscars ne se limitaient pas à un simple défilé de stars. À l’extérieur, des manifestants exprimaient leur opposition, notamment contre L’Inspecteur Harry, accusé de glorifier la violence policière. L’atmosphère était électrique, ajoutant une dimension engagée à la soirée.

Mais à l’intérieur, une autre forme d’émotion régnait. Isaac Hayes a enflammé la scène avec Theme from Shaft, devenant le premier Afro-Américain à remporter l’Oscar de la meilleure chanson originale. Torse nu, couvert de chaînes, il a livré une performance légendaire, marquant l’entrée de la soul music aux Oscars.

L’adieu de Betty Grable

L’un des instants les plus marquants fut l’apparition de Betty Grable, icône des années 40, vêtue d’une somptueuse robe turquoise. Cette soirée fut l’une de ses dernières apparitions publiques, avant sa disparition l’année suivante. Un moment chargé d’émotion pour les amoureux d’un âge d’or révolu.

L’ovation de 12 minutes pour Charlie Chaplin

Mais s’il fallait retenir un moment de cette soirée, ce serait sans doute le retour triomphal de Charlie Chaplin. Exilé d’Hollywood pendant des décennies, l’homme au chapeau melon et à la canne est revenu recevoir un Oscar d’honneur.

Le public, debout, lui a offert l’ovation la plus longue de l’histoire des Oscars : 12 minutes d’applaudissements ininterrompus. Un hommage bouleversant à celui qui avait tant donné au cinéma.

Un mélange parfait entre anciens et nouveaux talents

Cette cérémonie a vu se croiser les légendes du passé et les étoiles montantes. Jane Russell, Jack Nicholson, Gene Hackman et Raquel Welch incarnaient cette transition entre l’ancien et le nouveau Hollywood.

Sur une photo emblématique, on aperçoit Gene Hackman, Cloris Leachman et Raquel Welch, réunis dans un instant suspendu, symbole d’une industrie en pleine mutation.

Pourquoi cette cérémonie est-elle restée dans les mémoires ?

Les Oscars de 1972 ne se résumaient pas à une simple remise de prix. Ils représentaient un équilibre parfait entre tradition et modernité, entre émotion et extravagance. Une époque où le cinéma était célébré avec sincérité, où chaque prix était une véritable reconnaissance du talent et non un simple spectacle médiatique.

Aujourd’hui, les cérémonies semblent parfois manquer de spontanéité et d’authenticité. Peut-être devrions-nous nous inspirer de cette nuit magique où le cinéma brillait de mille feux.

Et vous, auriez-vous aimé assister à cette soirée légendaire ?