Allocation alimentaire : Un nouveau chèque de 150 euros envoyé chaque mois sans condition de revenu : qui peut en bénéficier ?

Publié le 3 mars 2025
Allocation alimentaire : Un nouveau chèque de 150 euros envoyé chaque mois sans condition de revenu : qui peut en bénéficier ?

Acheter des produits frais et de qualité devient un luxe pour de nombreux foyers. Entre la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat, remplir son frigo est parfois un vrai casse-tête. C’est dans ce contexte que plusieurs collectivités locales expérimentent un dispositif inédit : un chèque alimentaire de 150 euros par mois. Cette aide, accessible sans condition de revenus, pourrait bien changer la donne pour des milliers de ménages.

Une nouvelle aide pour bien manger

L’idée est simple : permettre à chacun d’acheter des produits alimentaires de qualité, notamment des fruits, légumes, viandes et produits laitiers issus de circuits courts et d’une production respectueuse de l’environnement. Inspiré du modèle de la Sécurité sociale, ce chèque serait versé mensuellement aux bénéficiaires, utilisable uniquement dans des enseignes partenaires. L’objectif ? Encourager une alimentation plus saine tout en soutenant les producteurs locaux.

Actuellement en phase de test dans plusieurs villes comme Bordeaux, Montpellier ou encore Clermont-Ferrand, ce dispositif repose sur une approche solidaire. Il ne s’agit pas d’une aide sociale classique, mais d’un système où chaque foyer peut participer selon ses moyens, en versant une cotisation comprise entre 10 et 250 euros par mois. En retour, ils reçoivent un crédit alimentaire utilisable auprès de commerces conventionnés.

Pourquoi une telle initiative ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2020 et 2024, le nombre de personnes dépendant de l’aide alimentaire a doublé dans certains territoires. En parallèle, les dons ont diminué, et les supermarchés préfèrent désormais vendre à bas prix leurs invendus plutôt que de les donner. Résultat, de plus en plus de foyers doivent faire des arbitrages difficiles entre payer leurs factures et se nourrir correctement.

Selon Benjamin Sèze, spécialiste des questions sociales, la précarité alimentaire pousse à acheter des aliments ultra-transformés et bon marché, souvent mauvais pour la santé. Ce chèque alimentaire vise donc à inverser cette tendance en donnant à tous la possibilité de choisir des produits plus équilibrés.

Un déploiement à l’échelle nationale ?

Si cette expérimentation s’avère concluante, le projet pourrait être étendu à l’ensemble du territoire. Certains élus, notamment écologistes, militent pour que cette initiative devienne une véritable « Sécurité sociale de l’alimentation ». L’idée serait de pérenniser cette aide en garantissant son financement par un modèle mixte associant fonds publics et participation citoyenne.

Mais pour l’instant, rien n’est encore décidé. Le projet doit être débattu au Parlement, et plusieurs questions restent en suspens : quels seront les critères définitifs d’attribution ? Comment assurer un accès équitable aux commerces partenaires ? Une chose est sûre, cette initiative soulève un débat de fond sur la place de l’alimentation dans notre société. Est-elle un simple bien de consommation ou un droit fondamental ?

D’ici là, les premières expérimentations se poursuivent, et de nombreux foyers espèrent que cette aide deviendra une réalité durable. Affaire à suivre…