Des photos avant et après de retour sur Terre d’astronautes bloqués révèlent l’impact choquant d’être coincé dans l’espace pendant neuf mois

Imaginez passer près d’un an sans jamais poser le pied au sol, sans jamais ressentir le poids de votre propre corps. C’est ce qu’ont vécu deux astronautes récemment revenus sur Terre… dans un état qui a surpris même les spécialistes. Leur retour a soulevé de nombreuses questions sur les conséquences de la vie en orbite.
Un retour sur Terre plus difficile qu’on ne l’imagine
Revenir sur Terre après une mission spatiale, ce n’est pas un simple atterrissage. Pour Barry « Butch » Wilmore et Sunita « Suni » Williams, ce retour, mardi 18 mars 2025, ressemblait plutôt à un choc physique et émotionnel. Après neuf mois passés dans l’impesanteur de la Station spatiale internationale (ISS), leur corps a été confronté à une épreuve brutale : celle de la gravité terrestre.
À peine sortis de la capsule SpaceX Dragon, les deux astronautes n’ont pas pu marcher. Ils ont été évacués sur des civières, incapables de tenir debout, comme si leur corps avait oublié comment fonctionner sur Terre.
Pourquoi l’impesanteur bouleverse autant le corps humain ?
Dans l’espace, les lois de la gravité sont suspendues. Cela signifie que nos muscles et nos os, qui travaillent constamment pour nous maintenir debout ici-bas, ne sont plus sollicités. Résultat ? Ils s’atrophient progressivement.
Les spécialistes parlent de « jambes de poulet » : les muscles des jambes, peu sollicités, perdent en volume. Et ce n’est pas qu’une image : malgré un entraînement quotidien intensif à bord de l’ISS, les astronautes perdent en moyenne jusqu’à 20 % de leur masse musculaire. Imaginez passer 9 mois allongé, sans vous lever… même avec des exercices, le corps en subit les conséquences.
Des « pieds de bébé » et des visages gonflés
Mais ce n’est pas tout. En impesanteur, les fluides corporels remontent vers le haut,donnant parfois au visage un aspect gonflé, presque bouffi. On appelle cela la thrombose veineuse spatiale (TVS). Les pieds, eux, ne touchant plus le sol, perdent leur épaisseur cornée. Résultat ? Des pieds tout lisses, presque comme ceux d’un nourrisson.
Les astronautes souffrent aussi de troubles de la vision. Un syndrome spécifique, le SANS (syndrome neuro-oculaire associé aux vols spatiaux), provoque un gonflement du nerf optique, entraînant parfois une vision floue, voire des troubles visuels durables.
Des effets sur le cerveau et le mental
Passer plusieurs mois confinés dans une station spatiale, à des milliers de kilomètres de la Terre, perturbe aussi le psychisme. Stress, manque de sommeil, isolement… autant de facteurs qui affectent la concentration et la mémoire. Certains astronautes rapportent des sensations de confusion ou de ralentissement cognitif à leur retour.
L’astronaute britannique Tim Peake a raconté avoir eu des vertiges et des nausées durant les deux premiers jours de son retour. « Le système vestibulaire, celui qui gère notre équilibre, est complètement déboussolé », explique-t-il.
Combien de temps pour récupérer ?
Heureusement, le corps humain est capable de s’adapter. En général, les astronautes retrouvent une condition physique quasiment normale en environ 45 jours. Mais pour les cas les plus lourds, la réhabilitation peut prendre plusieurs mois, voire plus d’un an.
À leur retour, Butch et Suni ont été immédiatement pris en charge au centre spatial Johnson à Houston. Là, ils vont suivre une série de tests médicaux pour évaluer leur état physique et psychique, et surtout, amorcer un retour progressif à une vie terrestre.
Le prix de l’exploration spatiale
Cette aventure met en lumière le coût humain des grandes explorations. Aller dans l’espace, ce n’est pas seulement une prouesse technologique, c’est aussi un défi biologique. Et chaque mission nous en apprend un peu plus sur les limites — et la capacité d’adaptation — du corps humain.
Finalement, ces astronautes sont comme des explorateurs du XXIe siècle : leur voyage, bien qu’exceptionnel, laisse des traces profondes. Mais grâce à eux, nous avançons vers un futur où, peut-être, l’homme vivra au-delà de la Terre… dans des conditions mieux maîtrisées.